Alpine Club of Canada

ACC_Gazette_Winter2018_FINAL

Issue link: http://acc.uberflip.com/i/1052834

Contents of this Issue

Navigation

Page 21 of 31

22 The Alpine Club of Canada Gazette Winter 2018 Le conte de Torngat par Deb Clouthier A près dix mois de planification, le grand jour était enfin arrivé. J'ai hissé mon paquet de 50 livres dans le chariot de l'aéroport avant de me diriger au comptoir de First Air. Monts Torngat, nous voici! Cette chaîne éloignée se trouve dans le parc national Kuururjuaq au Nunavik (Québec), créé en 2009 et d'une superficie de plus de 4 400 km. Notre petite équipe formée de trois membres de la section Ottawa du CAC, Mike Bowler, Paul Denys et moi‑même était prête. Nous espérions tous que notre entraînement serait récompensé et nous savions que l'épreuve de vérité viendrait de ces dix jours passés dans le Grand Nord du Québec et du Labrador. Partis d'Ottawa, nous voyageâmes à Montréal, puis de Kuujjuaq (Québec) à Kangiqsualujjuaq (rivière George) pour atterrir enfin sur une piste de gravelle à la rivière Koroc. Après trois jours de voyage, nous nous tenions sur le bord de la rivière Koroc, négociant notre passage. Notre latitude était 58.46/63.34. Près de six heures et 13 km après, nous avons randonné jusqu'au camp de base à l'extrémité du parc — une vaste zone dédiée aux tentes et entourée d'une clô‑ ture électrique alimentée par un panneau solaire pour éloigner les ours. À proximité se trouvaient quatre structures rigides de type igloo, pour les guides et leurs invités. Nous avons aussi eu la surprise de voir deux hélicoptères stationnés au sol. Nous avions à peine déposé nos paquets qu'un jeune pilote appelé Philip nous accueillait avec le sourire et une offre d'omble che‑ valier frais à manger. Ce camp de base est utilisé surtout par des groupes guidés, avec seulement une ou deux équipes autonomes comme la nôtre chaque saison. Nos tentes se sont dressées dans l'enceinte de la bar‑ rière à ours — notre maison pour les deux nuits suivantes. Nous avons alors planifié de commencer par un lever précoce pour entièrement profiter d'une fenêtre météo exception‑ nelle de ciel clair et de journées ensoleillées. Aussi, à 5 heures du matin, nous nous dirigions vers les sommets les plus hauts du Québec et du Labrador/Terre‑Neuve — les monts d'Iberville et Caubvick, avec leur hauteur de 1 650 mètres. Des trois parcours possibles, nous avons choisi la crête Minaret comme celui qui promettait d'être le plus facile techniquement — pourvu, bien sûr, de rester sur ce chemin prévu comme une randonnée en « scrambling » de degré 3 ou 4, potentiellement davantage. Et nous avons eu « davantage ». Mike dirigeait, et chercher la voie était compliqué pendant que nous contournions vers le haut, au‑dessus et autour de sections en crêtes acérées, de surplombs de roche effritée et de falaises immenses, si bien que nous avons abouti sur le côté nord d'un terrain de degré 5.5‑5.6. Mike évaluait et réévaluait, et mit tout son matériel en place à mesure que nous progressions. Paul occupait le centre de nos 30 mètres de corde et j'occupais l'arrière. Huit heures trente après, le 5 août 2018, je tenais le registre en cairn haut dans ma main en arborant un large sourire. Ravi! Nous étions les premiers à le signer cette saison. L'ouverture à l'alpinisme

Articles in this issue

view archives of Alpine Club of Canada - ACC_Gazette_Winter2018_FINAL