Alpine Club of Canada

ACC Gazette Summer 2019

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12 The Alpine Club of Canada | Gazette | Summer 2019 Ci-dessus : Nancy essayant de garder son rythme cardiaque bas. | Above: Nancy trying to keep her heart rate down. Photo Ralf Dujmovits À droite : Fête de banquise | Right: Ice floe party! Photo Ralf Dujmovits. par Nancy Hansen L'ambassadrice du CAC Nancy Hansen ainsi que son mari d'origine allemande, Ralf Dujmovits, ne sont pas étrangers à l'aventure. Qu'il s'agisse de passer cinq semaines dans une chambre hypoxique à des fins de recherche (ASPECTS, mai 2018), ou d'une légère tentative sur le nord de l'Everest (ASPECTS, avril 2015), Nancy et Ralf sont toujours prêts pour tout ce qui est alpin. Aussi on ne s'étonnera pas de les voir sauter sur l'occasion d'une excursion improvisée aux confins du monde pour en faire (de surcroît) leur lune de miel! Comment fait-on de l'auto-stop en Antarctique? La suite montrera que la tâche est compliquée, intéressante et pas tout à fait impossible. Nous contenions à peine notre enthousiasme en ouvrant ce courriel d'un ami australien, Damien Gildea, qui pro‑ posait qu'on se joigne à une expédition en voilier de six semaines dans l'Antarctique. Il suffisait que nous aidions un groupe de skieurs à monter, avec leur équipement, sur le plateau antarctique, puis à le redes‑ cendre au terme de leur traversée, en fournissant des services de sauvetage au besoin. Pendant le temps que durerait leur expédition, nous disposerions du yacht pour explorer, skier, grimper, et nous amuser avec les manchots et les baleines. Bien que le calendrier de l'aventure faisait coïncider celle‑ci avec notre lune de miel, nous n'avons pas réfléchi plus de dix minutes avant de répondre : « Oui, volon‑ tiers! On adorerait ça! » Direction sud Si traverser l'une des étendues océanes les plus sauvages de la planète à bord d'un yacht de 17 mètres avec huit inconnus ne correspond pas à l'idée que la plupart se font d'une lune de miel romantique, l'ex‑ périence n'en fut pas moins mémorable. Après avoir passé trois jours et demi à traverser le passage de Drake, nous som‑ mes arrivés au point de départ de l'équipe sous une météo parfaite. Le groupe d'aven‑ turiers se composait de six personnes variablement expérimentées, venues de l'Australie, la France, la Belgique, le Canada et l'Angleterre. En ajoutant l'origine allemande de Ralf et l'assistant espagnol du yacht, nous formions une équipe des plus internationales! Nous avons passé les sept jours suivants à déplacer des centaines de kilos d'équipe‑ ment sur une distance de 35 kilomètres et près de 2 000 mètres d'altitude en direction du plateau. Avant de commencer, Ralf et moi avons remarqué avec inquiétude les skis nordiques portés par la moitié du groupe, mais nous sommes dits qu'ils devaient savoir ce qu'ils faisaient. Puis le groupe a atteint une courte pente descendante de neige dure, pour s'aper‑ cevoir que trois participants n'avaient aucune expérience pour descendre des pentes avec des skis nordiques, sans parler des traîneaux géants en remorque. En les regardant s'écarter et glisser sur cette pente de 50 mètres après que Ralf et moi ayons pris leurs traîneaux, j'ai frémi en pensant aux 2 000 mètres qu'il faudrait descendre avec eux deux semaines plus tard. Après avoir dit au revoir et souhaité le meilleur au groupe, nous sommes retournés au yacht en un jour, parés pour la prochaine étape de notre aventure. Nous nous sommes dirigés vers le sud le long de la spectaculaire côte de la pén‑ insule Antarctique, en quête de quelque chose à skier ou escalader. Parvenus à la bien nommée Paradise Bay, nous avons choisi de monter le mont Hoeg en ski (890 m). Nous y avons passé deux fois plus de temps que prévu tant nous nous arrêtions souvent pour photographier la beauté des environs. Notre prochaine quête était de trouver un bon tracé de glace, de neige, ou mixte, à tenter. Ralf et moi avions effectué plusieurs recherches pour découvrir, comme notre ami Damien nous en avait avertis, que plu‑ sieurs parcours intéressants débouchaient L'Antarctique à l'usage des auto-stoppeurs

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