Alpine Club of Canada

WinterGazette2016

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8 The Alpine Club of Canada Gazette Winter 2016 Le menu du camp incluait du faisan, du porc et des haricots, de la soupe aux pois, du ragoût de chèvre et des déjeuners NabWald Schmarren — des aliments que Kain aurait eus à sa disposition. Le 10 juillet nous a fait profiter d'une première fenêtre météo prometteuse. Pour notre première tentative au sommet, nous nous sommes réveillés à 3 h 30 du matin pour un démarrage alpin, nous accordant du temps additionnel compte tenu de notre inexpérience avec les piolets et les bottes cloutées centenaires et de notre intention de filmer et photograph‑ ier l'ascension. Bénis par une journée visuellement parfaite, nous avons pu pleinement apprécier les imposantes tours granitiques des Bugaboos et pro‑ fiter de la vue excellente pour étudier les magnifiques Howser Towers que Kain avait gravies quelques jours avant Bugaboo Spire. Grimper avec des chaussures à clous était une expérience incomparable; les bottes performaient plutôt bien sur la neige escarpée du Bugaboo‑Snowpatch Col, mais étaient loin d'adhérer aussi bien sur la pierre. Le gel du matin et les plaques de lichen ajoutaient au défi d'assurer son équilibre. La corde de chanvre fut utilisée sur les parties moins techniques de la crête. Les cordes, les casques et l'équipement de protection modernes furent utilisés près du som‑ met pour assurer la sécurité de tous les grimpeurs. Pour la première tentative, l'équipe incluait aussi un passionné des Bugaboos, le guide de montagne AGMC Tim McAllister. Peu après 13 heures, la formation de nuages orageux nous décidait de faire demi‑tour. Les jours suivants, des averses intermittentes et un ciel couvert nous ont forcés à rester sur place et explorer les Eastpost Spire et Croissant‑Towers à proximité. Pour notre ravissement, une autre tentative d'ascension devint possible le 14 juillet. En commençant tôt, nous clous Tricouni, similaires à celles portées par Kain en 1916 furent spécialement commandées de Nouvelle‑Zélande. L'équipement additionnel comprenait quatre piolets d'époque et une réplique de corde de chanvre. Enfin, grâce à une abondance de photos d'archives et de magasins d'articles d'occasion, le groupe est parvenu à s'équiper avec des tenues complètes de vêtements d'époque. Après des mois de planification et d'approvisionnement, notre équipe se réunit à Wilmer, B.C., hameau niché entre les monts Kootenay et Purcell. C'est à Wilmer que Conrad Kain avait établi son foyer canadien après être arrivé d'Autriche pour travailler comme le premier guide de montagne professionnel du CAC. Aujourd'hui, son héritage est gardé en vie par les bénévoles hautement dévoués de la Conrad Kain Centennial Society, qui nous ont accueillis des plus chaleureusement. Nous sommes arrivés le 8 juillet au parc provincial Bugaboo Glacier. Ayant à transporter plusieurs charges d'équipe‑ ment et de vêtements (à la fois vintage et modernes), ainsi que de matériel de camping, de provisions, de matériel photographique et des caméras vidéo, il fallut endurer une randonnée d'ap‑ proche éreintante. Une estimation très approximative élevait le poids de notre charge collective, pour huit personnes, à plus de 450 kilos! Un camp de base de 1916 recréé au Applebee Dome, perché au‑dessus du refuge Kain du CAC, était un grand projet en lui‑même : une tente de toile lourde soutenue avec une longue perche de bois, aménagée avec un lit pour quatre personnes, fait de branches d'épinette transportées de l'extérieur de la frontière du parc Bugaboo. Chaque grimpeur n'avait le droit qu'à deux couvertures de laine pour dormir. L'équipement de cuisine consistait en un poêle de kérosène centenaire, une bouilloire, des chaudrons, des casseroles ainsi que quelques gamelles. article et photos par ivan petrov E scalader Bugaboo Spire pour l'année du centenaire de sa première ascension avec de l'équi‑ pement vieux d'un siècle est un projet sans équivalent! En juillet, quatre membres de la sec‑ tion de Toronto du Club alpin du Canada s'attaquaient à cet objectif ambitieux — Rob Le Blanc, Natalia Danalachi, Garry Reiss et Bryan ompson, avec le soutien de Josée Duckett, Greg Gransden, Ivan Petrov et David Ray. Au cours de ce pro‑ jet canadien alpin unique, l'expérience de l'équipe s'est rapprochée le plus possible de ce qu'aurait été l'expédition de Conrad Kain dans les Bugaboos de Colombie‑ Britannique en 1916. Pour partir du bon pied, quatre répliques de paires de bottes à semelles à Des membres recréent l'ascension de Bugaboo Spire Dans l 'histoire canadienne du guidage de montagne, Conrad Kain inspirait le plus grand respect, non seulement en tant que leader des ascensions les plus difficiles de son époque, qu'il accomplissait en guidant des clients, mais aussi comme un amoureux de la nature bon et doux, tel qu'exprimé dans sa biographie, Where the Clouds Can Go. Plus de 60 premières ascensions et nouvelles routes lui sont attribuées dans les Rocheuses canadiennes et la chaîne Purcell en Colombie-Britannique, et 25 premières ascensions en trois saisons en Nouvelle-Zélande. Son ascen- sion des 3204 mètres du mont Bugaboo Spire en 1916, parmi les plus exigeantes de l 'époque, continue d 'inspirer, comme l 'a prouvé un groupe de membres du Club alpin du Canada cet été. —Éd. Expedition leader Bryan Thompson stands next to the team's old canvas tent at Applebee Dome Camp hoping for good weather. | Le chef d'expédition Bryan Thompson, près de la vieille tente de toile du camp Applebee Dome, espère une météo favorable.

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