Alpine Club of Canada

SpringGazette2017

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8 The Alpine Club of Canada Gazette spring 2017 bien avec l'équipement. Oui, le ski était formidable. Je me suis retrouvé la seule à avoir un problème : m'étant saisi des mauvaises peaux dans mon garage, j'ai passé la journée à glisser comme une débutante sur une pente autrement facile. Quelques minutes à couper les peaux avec un instrument ébréché eurent beau régler le problème, mon ego ne s'en est jamais entièrement remis. Au moins, c'était réparable et la boucle cassée d'une botte de John fut notre seul autre problème d'équipement de la semaine. Comme le mauvais temps retardait notre navire d'un jour, nous montâmes en haut d'un petit pic au‑dessus d'Ushuaia. Ce retard de mauvais temps alimenta le désir sadomasochiste de supporter une traversée ridicule du Passage de Drake pour faire le plein d'histoires merveilleuses sur notre bravoure et notre sang‑froid et notre résistance qui lais‑ seraient de côté les parties vulnérables ou désespérées et les vomissements. Mais le « Drake Shake » s'est révélé être le plus tranquille « Drake Lake » (un petit 8 pour ceux qui connaissent l'échelle de Beaufort) et nous sommes arrivés à la pointe nord de la péninsule antarctique en deux jours, bien reposés, bien nourris et impatients de partir. En Calgary et Buenos Aires et dois avouer que là se résumait toute la recherche que j'avais faite pour ce voyage. C'était un for‑ fait prêt‑à‑partir, où faire des excursions quotidiennes de ski à partir d'un navire affrété de Quark Expeditions par Ice Axe Expeditions justement pour ce genre d'aventure assistée par navire. Quark et Ice Axe sont des organisations hautement professionnelles qui veillent à assurer des aventures de ski épiques, mais sécuritaires. Ajoutez‑y les talents de guide de Jim Gudjonson de l'ACMG et vice‑président des installations du Club alpin du Canada et le tout promettait d'être la meilleure de toutes les épopées de ski. Pourtant, Endurance m'avait rempli la tête de récits douloureux —chutes dans l'eau de mer glacée, famines qui poussent à manger de la graisse de phoque crue, engelures provoquées par les vents antarctiques, sans compter les mers de 90 pieds qui traversent le redoutable Drake Passage. J'étais accro. Qu'est‑ce qu'on s'amuserait! Nous nous rencontrâmes à Ushuaia à la pointe sud de l'Argentine. John Kirk, Scot Diamond, Brian Lambert, notre guide Jim Gudjonson et moi passerions une journée d'essai dans les montagnes de la Tierra del Fuego sur le glacier Martial pour nous assurer que tout allait par sandy Walker L es chuchotements avaient com‑ mencé 10 ans avant, presque comme si nous n'osions pas réveiller le fantôme endormi du grand Shackleton à force de parler d›une randonnée — pour le plaisir — sur son continent adoré. Chaque année quand nous discutions du lieu de notre prochaine grande aventure, les voix aug‑ mentaient. D'autres endroits cependant — plus faciles et plus accessibles — gag‑ naient toujours. Argentine, Japon, Suisse, Islande... : tout semblait plus facile à atteindre et impliquer, indubitablement, moins de souffrances ou de risques d'y perdre des doigts. Puis le Groenland a eu lieu. Le Groenland, où nous dormions dans une tente une nuit à ‑30 degrés Celsius; où nous skiions un fusil sur le dos en cas de rencontre avec un ours polaire; où un genou tordu aurait pu se changer en urgence mortelle. Des terrains épiques, des conditions incroyables et un ciel bleu unique nous récompensèrent, et après le Groenland, la question chuchotée de « qu'en est‑il de l'Antarctique? » évoluait quotidiennement et sans détour en « on y va QUAND? » J'avais lu compulsivement Endurance d'Alfred Lansing sur les vols entre L'Antarctique en skis : officiellement renversant Des phoques crabiers se prélassent parmi les glaciers. Crabeater seals loll about comfortably amidst big glaciers. photo: sandy Walker

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